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La bactérie tueuse d’oliviers menace-t-elle la région PACA ?

jeudi 31 octobre 2019

Redoutée après avoir décimé les arbres des Pouilles italiennes, xylella fastidiosa a été détectée à Menton et Antibes (article vu, dans laprovence.com du 8/09/19).

Elle porte un nom barbare, xylella fastidiosa, rarement employé. On lui préfère une cascade de surnoms plus terrifiants les uns que les autres : la peste verte, la bactérie tueuse... C’est dire la réputation qui précède la xylella. Alors la confirmation, apportée hier par le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation, que la maladie a été détectée sur deux oliviers d’ornement des Alpes-Maritimes, à Menton et Antibes, a de quoi inquiéter les oléiculteurs. Dans la région italienne des Pouilles, où la sous-espèce pauca (identifiée à Menton) a sévi à partir de 2013, la bactérie a asséché sur pieds quelque 11 millions d’oliviers. Une catastrophe économique pour la région et sa filière oléicole.

À Antibes et Menton, les deux arbres contaminés seront arrachés dans les prochains jours, ont précisé les autorités, appelant à la vigilance face à cette "menace sanitaire pour les filières végétales".

Joint hier, Laurent Belorgey, le président de France Olive (ex-Afidol), interprofessionnelle française de la filière, temporisait : "Ce sont des arbres qui étaient surveillés depuis 2015. Il y a eu des centaines d’analyses sur la zone, qui étaient toutes négatives. C’est un cas isolé d’arbres d’ornement, mais nous ne sommes pas du tout sur une épidémie. Pas de catastrophisme !" Lui-même oléiculteur dans la vallée des Baux-de-Provence, il rappelait : "Il ne faut pas oublier que les deux arbres touchés sont vivants. Aujourd’hui, aucun olivier français n’est mort de cette maladie, les deux touchés sont vivants."

Détectée pour la première fois en Corse du Sud, xylella fastidiosa, qui compte à elle seule pas moins de 37 sous-espèces différentes, dont les champs d’action et la nocivité varient, est aujourd’hui présente dans 19 communes des départements du Var et des Alpes-Maritimes (principalement sur des plantes ornementales), ainsi qu’en Italie, donc, au Portugal, et en Espagne.

Capable de s’attaquer à plus de 200 espèces végétales, elle fait l’objet d’une surveillance obligatoire à l’échelle européenne : interdiction de transporter des plantes entre zones contaminées et saines, arrachage rapide des végétaux "hôtes" avec surveillance renforcée du périmètre proche (jusqu’à 5 km), et prélèvements réguliers des zones à risques. Depuis sa première apparition en 2015, selon le ministère de l’Agriculture, quelque 5 100 échantillons d’oliviers ont été analysés dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Aucun, jusqu’alors, ne s’était révélé positif.

"À ce stade, la détection de la xylella fastidiosa fait formuler des hypothèses, estime Laurent Lasne, chef du service régional de l’alimentation à la Draaf (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) Paca, qui supervise les contrôles. Pourquoi la bactérie est-elle restée silencieuse pendant trois ans ? Le climat et le sol ne sont pas les mêmes qu’en Italie, les variétés non plus... On peut même imaginer que l’arbre de Menton était porteur inapparent depuis longtemps, et que par chance ou à cause du stress hydrique, c’est apparu. Ce sera aux scientifiques d’expliquer cela.", conclut-il prudemment.

Dans tous les cas, reprend le représentant de l’État, la rapidité de réaction - gage de sécurité face à une bactérie qui ne connaît aucun traitement, ni préventif, ni curatif - est à saluer. "Il y a eu une bonne coopération des partenaires de la filière olive, des mairies, des propriétaires."

Et Laurent Belorgey de rappeler : "Les consignes sont toujours les mêmes : en cas de suspicions sur les oliviers, il faut le signaler aux techniciens du secteur, et faire remonter à la Fredon Paca (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles, à qui la Draaf délègue la surveillance de la bactérie, Ndlr)." Nul doute que les quelque 15 000 oléiculteurs provençaux, acteurs d’une filière qui pèse 80 millions d’euros de chiffre d’affaires dans la région, seront attentifs.

Par Marguerite Degez

Voir l’article : https://www.laprovence.com/article/edition-marseille/5664690/la-bacterie-tueuse-doliviers-menace-t-elle-notre-region.html