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Rats taupier : 5 heures de débats pour élire 15 administrateurs à la FDGDON 15

mardi 9 janvier 2018

L’assemblée générale de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON) s’annonçait tendue. Elle l’a été, ce vendredi matin, avec des débats de plus de cinq heures.

L’assemblée générale de la Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON) s’annonçait tendue. Elle l’a été, ce vendredi matin, avec des débats de plus de cinq heures.
Une nouvelle assemblée, après l’annulation de la dernière, en avril, et de l’élection du tiers sortant du conseil d’administration, où cinq membres du collectif de lutte contre les rats taupiers « Rat le bol, vivre et travailler dans le Massif Central » avaient fait leur entrée (voir notre édition du 16 décembre).
Quatre cents adhérents se pressaient à l’amphithéâtre du lycée agricole, à Aurillac. Au centre de l’estrade, le président de la FDGDON, Daniel Colle, assisté de Christophe Chabalier, animateur agronome à la chambre d’agriculture et à la FDGDON.
Sur fond de lutte contre les rats taupiers, tous ont voulu s’exprimer, souvent dans la cohue. Et le rat taupier, lui, en a été un peu oublié.
D’emblée, la joute s’ouvre sur les questions juridiques par le biais de Michel Bos, administrateur, issu du collectif de lutte contre les rats taupiers. « On a demandé un avis juridique sur la tenue de l’assemblée générale d’Allanche, lui répond Christophe Chabalier. On nous a dit qu’il fallait la refaire car elle n’était pas conforme aux statuts. »
« Ce n’est pas légal ! », s’écrie une voix dans un amphithéâtre qui commence à trépigner. Puis la directrice du Fredon, Corinne Martins, prend la parole dans un terrain déjà miné par la colère : « Aujourd’hui, vous êtes nombreux, l’assemblée va se tenir, on n’est pas là pour se faire un procès. Le principe, c’est de repartir sur de bonnes bases, d’être constructifs ». Pour Joël Piganiol, président de la FDSEA, aussi : « Si des questions juridiques se posent, si des recours sont formulés, ils se régleront devant le tribunal, mais laissez-passer la démocratie. » Le silence revient. Mais après le vote à main levée des comptes 2016, le chahut repart durant l’intervention du maire d’Allanche et membre du collectif, Philippe Rosseel. « Notre démarche a toujours été faite avec respect et sans violence. Pendant l’exercice 2017, nous aurions pu travailler ensemble, mais votre seul but a été de nous évincer. Pendant ce temps, les rats pullulent. » Lorsqu’il lance que la FDSEA aurait dit qu’il n’y avait pas d’argent pour les rats taupiers, il déclenche un tollé d’indignations dans les rangs. Et la venue au micro de Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA, « pour remettre les pendules à l’heure ».

« Il faut se battre pour être crédibles »

« Vous vous attribuez beaucoup de choses, mais pour la sécheresse, nous avons bataillé et nous sommes allés chercher le FMSE (Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnemental). Ce qui se passe aujourd’hui, c’est comme pour la sécheresse, le ministère nous dit qu’on a envoyé des taux de perte trop élevés. Le président du FMSE a envoyé les 30 % d’acompte, l’État veut faire quelque chose mais il faut se battre pour être crédibles et respectés aux instances nationales. Il faut que le Cantal soit dans le rang pour demander les indemnités et que les statuts soient dans les clous. »
Le scrutin a finalement eu lieu avec des candidats en moins du côté du collectif, en plus de l’autre.

Résultats des élections. Collège des personnes publiques : 2 élus : André Angeluy, Vivien Batifoulier. Non-professionnels : 3 élus : André Bresson, Daniel Colle, Bernard Chapoul. Professionnels, 10 élus sur 11 candidats : Gilbert Amblar, Thierry Civiale, Jean-Michel Pages, Géraud Fruquière, Benoît Lafon, Ludovic Lemmet, Vincent Loche, Jean-Luc Roussel, Jean Tissandier, Simon Veschambre. Votants : 460 ; votes valides : 396 ; nuls : 64.

Le bilan 2016 de la Fédération

La Fédération. Le conseil d’administration comporte trois collèges (le professionnel avec les agriculteurs, le non-professionnel et celui des personnes publiques, à savoir, des collectivités.
Trois salariés hébergés et prêtés par la chambre d’agriculture avec quelques renforts ponctuels se relaient pour monter les dossiers et les actions de lutte. « L’une de nos missions est de coordonner l’action des groupements d’adhérents dans la lutte collective, d’assurer la liaison et la coordination des actions effectuées avec les pouvoirs publics et la Fédération régionale (Fredon) », précise Christophe Chabalier.

Le bilan 2016 est dressé tout en chiffres. 1.089 adhérents, 30 GDON réactivés , 40,46 tonnes de blé bromadiolone vendues à 73 GDON, 114 cannes à blé vendues, 285 avis de traitement pris, 110 pièges rétrocédés (avec des financements européens). Vient ensuite le tour des expérimentations pour trouver une solution au problème des campagnols. Recherche de nouvelles molécules campagnolicides écocompatibles pour trouver un nouveau produit phytosanitaire alternatif à la bromadiolone, d’un vaccin contraceptif « mais des contraintes administratives, financières et règlementaires sont à lever pour pouvoir mener à bien les expérimentations ». Dans le Cantal, plusieurs expérimentations ont été lancées (la glace carbonique, peu concluante ; le tourteau de ricin, idem). Mais le phosphure de zinc, qui vient d’être homologué en France, donne des tests concluants en Auvergne, il est prévu de lancer un autre essai au printemps. Enfin, une organisation locale s’est mise en place sur le PNR de l’Aubrac pour tester des techniques de lutte contre la pullulation des sept zones pilote sur trois
départements (Cantal, Lozère, Aveyron).
1.245 personnes ont été informées sur le dispositif FMSE en 2016 par la chambre
d’agriculture, 50 permanences ont été effectuées, 248 agriculteurs ont été formés sur les techniques de lutte. 901 contrats retournés et signés. Pour l’indemnisation sur la lutte, le FMSE devrait indemniser 853 dossiers à hauteur de 553.250 euros, soit 649 euros par exploitation.
Selon la FDSEA, 450 agriculteurs ont touché un acompte d’indemnisation et 1M d’euros devraient être versés pour le Cantal pour payer la lutte directe ou alternative (mécanique, passage de herses…).

Source : La Montagne. https://www.lamontagne.fr/aurillac/economie/agriculture/2017/12/23/5-heures-de-debats-pour-elire-15-administrateurs-a-la-fdgdon_12679659.html#refresh